Connaissez-vous le Dicthographe ?

Le Dicthographe est un dictionnaire qui aide à trouver les mots. Ce journal de bord relate sa progression et les prolongements qu'il suscite.

mercredi 31 août 2016

Savez-vous caster ?

 En 2006, la Commission générale de terminologie et de néologie (France Terme) a expliqué qu'à partir d'un nom de marque (iPod) créé pour désigner un nouveau type de baladeur, s'est développée une série lexicale (to podcast, podcasting…) dont l'utilisation en français est source de confusion. Quelles qu'en soient la marque ou les fonctions, cet appareil est aisément et clairement désigné par le terme baladeur numérique.
 Rendant compte des possibilités d'utilisation de plus en plus étendues qu'offrent les baladeurs numériques, le néologisme anglo-américain podcast désigne non seulement des émissions et des programmes audio, mais aussi des fichiers et des produits informatiques incluant images et films, susceptibles d'être diffusés (to podcast) au moyen de cette technologie multimédia (podcasting), qui permet une écoute en différé.
 Parallèlement, le verbe franglais podcaster s'est répandu dans l'usage, employé abusivement, notamment par les chaînes de radio, avec le sens de télécharger. Cette dérive crée un amalgame entre deux notions pourtant bien distinctes, la diffusion et le téléchargement.
 La Commission générale rappelait qu'elle a recommandé comme équivalent français à podcasting le terme diffusion pour baladeur, le mot employé au Québec étant baladodiffusion. Seuls les mots diffuser, diffusion… correspondent à la notion exprimée en anglais par podcast et par ses dérivés to podcast, podcasting…
 En revanche, dès qu'il s'agit de l'opération de transfert de fichier ou de programme sur un support numérique (download ou upload, en anglais), en particulier un baladeur, la Commission générale recommandait de s'en tenir aux termes en usage : télécharger, téléchargement, téléchargeable… seuls corrects et suffisamment explicites.

 Qu'en est-il dix ans après ?

 Le site de Radio France invite à cliquer sur "Tous les podcasts" avec "l'application Radio France Podcast". On y lit "Vous pouvez via l'application vous abonnez aux podcasts." [sic] Mais s'agit-il de télécharger ou simplement d'écouter en direct ?

 Le menu de Google propose de caster. Après recherche, il s'agirait de diffuser à partir de l'ordinateur sur un autre support, une télé par exemple, avec un équipement adéquat.

 Ce sera sans moi. Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement, me disait-on il y a fort longtemps.

dimanche 28 août 2016

Abatis ou abattis ?

 Si chacun se souvient de la menace "Numérote tes abattis !", il peut y avoir une hésitation entre les graphies abattis et abatis ou abattée et abatée, en raison de la préférence élitiste pour les complications. L'évidence est pourtant de les écrire comme abattre. Pour les autres mots dérivés, la question ne se pose plus. Qui écrit encore un abatant ou un abatoir ? Si la graphie d'un abattoir date d'il y a deux cents ans, celle d'un abattant ne s'est imposée qu'en 1932.
 La famille du verbe abattre est dans le Dicthographe : Dictho ABAR.

mercredi 17 août 2016

La langue française de blog en blogue

 Poursuivant son relevé de cocasseries médiatiques, Bruno Dewaele revient sur les accords avec la moitié, le tiers, le quart. Il estime qu'évoquer des problèmes mentaux ne peut être mis en relation qu'avec la psychiatrie. Il s'étonne de lésions médicales pour une IRM et rappelle qu'il ne faut pas confondre les enfants de l'amour et les léopards de l'Amour.
http://alafortunedumot.blogs.lavoixdunord.fr/

 Jacques Lafontaine explique que le nom banlieue peut être écrit au pluriel et que ce pluriel est obligatoire pour entre autres. Il recommande d'écrire réussir grâce à et non pas réussir à cause de (je pense qu'un perdant choisirait cependant la seconde formulation). Il précise que le verbe tomber (tomber enceinte ne pouvant pas être remplacé par devenir enceinte) n'admet plus que l'auxiliaire être (ce qui est cependant loin d'être généralisé à l'oral tant au Québec qu'en France) et donne un exemple de l'utilisation des deux auxiliaires pour les verbes qui l'admettent. Il montre le curieux cheminement du mot saynète.
http://www.journaldemontreal.com/blogues/jacques-lafontaine

 Benoît Melançon met en vis-à-vis deux œuvres, ou plus, d’horizons éloignés, soigne des phrases malades et déniche des zeugmes. Il démontre que la littérature peut faciliter l'usage d'un moteur de recherche et explique l'influence des singes de l'Olympe. Entre des rubriques d'autopromotion (justifiée) s'insèrent des présentations personnalisées d'ouvrages.
http://oreilletendue.com/

 Les correcteurs du Monde passent d'une faute visible dans de nombreux magasins à un rappel de la frilosité de l'Académie française pour la féminisation (et son inverse) des noms de métiers puis refusent de décerner le grade d'écrivain à un auteur de romans de gare. Ils soulignent aussi les dérives de la communication : le coup d'État en Turquie (pourquoi ne mettent-ils pas d'accent sur les majuscules et ne corrigent-ils pas leurs fautes ?), un homme politique qui s'est dit sevré des polémiques et l'interprétation du nom d'un mouvement politique. Ils manifestent leur tolérance quant à l'usage de l'indicatif ou du subjonctif et critiquent l'hypocrisie de la minute de silence. (blog retiré en raison de l'obligation de subir une publicité)

Michel Francard, parti à la découverte de la francophonie, nous met en garde contre l'apollo en Afrique de l'Ouest, de ne pas se faire fanafouder à Madagascar et de ne pas oublier le ziboulateur en Afrique francophone. Il nous invite à drivailler dans les Antilles françaises. Il nous apprend qu'un magazine camerounais affirme que personne ne résiste au makalapati et qu'un bagayou est indispensable pour cacher son bagayou.
http://www.lesoir.be/109699/debats/chroniques/vous-avez-ces-mots

lundi 8 août 2016

Anglomanie

 L'usage de mots anglais avec la graphie "ash" participe généralement de la fainéantise, du jeunisme, du snobisme et de la désinformation.
 Sur le site France Terme on trouve une cinquantaine d'équivalences : http://www.culture.fr/franceterme/result?francetermeSearchTerme=ash
 Mais nous ne sommes pas au bout de ces barbarismes à en juger par cette liste de mots anglais (http://words.dbbeat.com/recherche/mots-anglais-finissant-par-ash/) : ash ; bash, mash, hash, lash, dash, cash, gash, rash, sash, wash ; trash, swash, leash, stash, gnash, plash, smash, slash, quash, flash, clash ; plash, squash, thrash, rewash, rehash, potash ; prewash, goulash, unleash, eyewash, hogwash, eyelash, carwash ; backwash, mishmash, slapdash, whiplash, calabash, backlash ; brainwash, succotash, mouthwash, whitewash ; photoflash, balderdash.
 Je remarque que le mot crash n'y figure pas alors qu'on nous affirme que c'est maintenant un équivalent de krach, ce qui permet de ne pas préciser s'il s'agit d'un accident boursier, d'un effondrement des cours ou d'un véritable krach (qui vient du verbe craquer).